Hélène de Fougerolles, 49 ans, brossait les dents de sa fille « particulière » de 18 ans – Jugée pendant 15 ans, elle pensait être une « mauvaise mère »

Pour Hélène de Fougerolles, sa fille, autiste, est “particulière” et “géniale”. À cause du diagnostic tardif, elle avait cependant été blâmée d’être responsable de l’état et du “comportement” de Shana. Toutefois, cela n’a pas empêché l’actrice de continuer à la chouchouter et d’ouvrir une maison pour accueillir les personnes dans la même situation que sa fille.

Directrice du comité de soutien des “Maisons de Vincent”, l’actrice française a mis en place avec Hélène Médigue des maisons pour adultes autistes. Elles ont d’ailleurs été fondées pour qu’ils puissent apprendre à devenir autonome.

Effectivement, pour la Présidente des “Maisons de Vincent”, Hélène Médigue, une personne autiste “doit être stimulée pour s’épanouir et développer tous ses potentiels”. Comme elle l’a confié, la plupart des adultes autistes sont placés dans des hôpitaux psychiatriques, sachant qu’ils sont “sans solution d’hébergement”.

Pour Hélène de Fougerolles, dont la fille autiste est aujourd’hui âgée de 18 ans, ouvrir une autre maison au nom de Shana a été un devoir. Il faut savoir que contrairement à sa fille, elle n’a pas eu la chance d’avoir une mère qui s’est occupée d’elle.

ABANDONNÉE PAR SA MÈRE

En côtoyant un alcoolique dans son enfance, Hélène de Fougerolles a “arrêté de croire en Dieu et en l’homme”. Pour la comédienne, son enfance n’a pas été des plus heureuses. Entre trois et six ans et demi, elle a vécu avec sa grand-mère et son oncle.

Par ailleurs, une ambiance “pas très agréable” régnait chez eux. Partageant des souvenirs déchirants, son interview a été rapportée dans les colonnes de Paris Match le 19 février 2021.

Elle y a ainsi raconté comment son oncle, qui buvait beaucoup, battait sa grand-mère pour avoir de l’argent. Un traumatisme que la femme a gardé à l’âge adulte, sachant que ses débuts de carrière ont été marqués par des troubles. Anorexique, puis boulimique, elle avait en effet fait une tentative de suicide et s’est retrouvée dans un hôpital psychiatrique.

Sa mère “hippie” est la personne que l’actrice française blâme, sachant qu’elle l’avait abandonnée.

“Là où j’en voulais à ma mère, c’était de choisir de vivre sa vie et de nous laisser avec un type atroce… Elle faisait des choix qui lui convenaient, mais c’était dur de nous laisser vivre ça.”

a-t-elle confié lors de son entretien.

Baba cool assumée, la mère de l’actrice avait “vécu en communauté à Garenne-Colombes”. Hélène de Fougerolles avait raconté : “ça fumait, ça prenait des champignons.”

Toutefois, de cette mère libre et désinvolte, celle qui a joué “Hélène Bach” dans “Balthazar” a tout de même appris quelque chose : “la liberté” et “la joie de vivre”. Deux choses “extraordinaires” pour l’actrice qui est devenue mère à son tour. Cela dit, Hélène de Fougerolles est une maman comme les autres, mais aussi une maman spéciale, sachant qu’elle a une enfant particulière.

15 ANS DE RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

En se mariant avec le producteur, Éric Hubert, Hélène de Fougerolles voulait montrer à sa mère qu’il était possible “de se marier, de faire des enfants et de vivre en couple pendant cinquante ans”.

Seulement voilà, elle n’y est pas parvenue, sachant qu’ils se sont séparés après 10 ans de relation. Malgré tout, ils sont toujours liés par leur fille, Shana et ont su rester proches. Et comme la comédienne l’a elle-même affirmé, elle pourra “toujours compter sur lui”.

Il faut dire que cela est aussi nécessaire face à l’autisme de Shana. À la sortie de son ouvrage “T’inquiète pas, maman, ça va aller”, la mère de Shana s’est justement confiée sur la particularité de sa fille. Interviewée dans “Sept à huit”, c’était avec émotion qu’elle s’est “libérée” en se confiant courageusement sur le sujet.

Ainsi, elle a évoqué les mots durs que les médecins lui ont lancés à l’annonce du diagnostic :

“Il y avait du déni parce que vous refusiez aussi d’entendre un discours médical que vous jugiez agressif, que vous jugiez violent. Si ce trouble autistique a été diagnostiqué à 13 ans, vous entendez des phrases du genre ‘elle va devenir psychotique ou schizophrénique’ votre fille de cinq ans, ou alors ‘elle est foutue’.”

Effectivement, ce n’est qu’à l’âge de quinze ans que l’autisme de sa fille a été annoncé par les médecins. Une dure réalité que la mère “n’arrive pas à encaisser”, pour elle :

“Ma fille n’est pas handicapée mentale pour moi ou déficiente mentale. Dans le sens où elle est différente, elle est particulière”

“Dire handicapée mentale ou déficient mental” est “réducteur” pour Hélène de Fougerolles, sachant qu’elle voit en Shana une “magnifique intelligence émotionnelle, l’empathie, la gentillesse, la bonté.”

HÉLÈNE EST L’EXEMPLE D’UNE MÈRE FORTE !

Hélène de Fougerolles reproche au corps médical de ne pas avoir pris en compte plus tôt le fait que Shana soit prise entre deux états distincts. C’est-à-dire entre un enfant handicapé et un autre en pleine forme. Sur une conclusion bouleversante, lors de son interview, elle a alors lancé :

“Elle n’est pas handicapée mentale, elle est différente. Elle est géniale ! Ils ne le voient pas, c’est leur problème.”

En 2016, la maman qui est apparue à l’affiche de “J’ai rencontré l’homme de ma vie”, a donné plus de détails sur sa vie de mère, en garde alternée.

“Quand j’ai ma fille, ma vie s’arrête à 15h30. Je suis extrêmement protectrice. J’ai tendance à l’aider à s’habiller, à mettre du dentifrice sur sa brosse à dents ou à lui porter son cartable alors qu’elle a 12 ans. Mais étrangement, la semaine où elle n’est pas à la maison, je ne suis pas dans l’angoisse et je ne l’appelle pas.”,

a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, face à cette situation, pendant une dizaine d’années, on l’avait traitée de “mauvaise mère”. D’autant plus que l’autisme de Shana n’avait pas encore été diagnostiqué à l’époque.

“On m’a longtemps dit que Shana avait des problèmes comportementaux à cause de moi, que j’étais trop vulnérable, pas assez équilibrée, trop protectrice.”

avait-elle expliqué lors de l’interview.

D’autres personnes sont même allées jusqu’à lui dire qu’elle l’avait “bousillée”. En aucun cas, ces propos n’ont empêché Hélène de Fougerolles de bien s’occuper de sa fille comme à son habitude. La mère forte et aimante est même allée jusqu’à ouvrir la “Maison de Shana” pour accueillir les personnes qui ont des particularités comme sa fille.

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