Natation : Léon Marchand, prodige des bassins

À seulement 21 ans, le Toulousain Léon Marchand s’est offert cette semaine trois titres aux championnats du monde de natation au Japon. Le nageur français le plus titré de l’histoire, détenteur de cinq couronnes mondiales en individuel, est un sérieux espoir de médailles pour les JO 2024.

“Il n’y a pas vraiment de limites à ce que je peux faire”, estimait Léon Marchand avant les Mondiaux de natation au Japon début juillet 2023, à un an pile de l’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Tout frais tombeur du dernier record du monde du roi Michael Phelps sur 400 m quatre nages, le Toulousain écrit lui aussi sa légende et s’annonce déjà comme la terreur des bassins aux JO de 2024, lors desquels il évoluera “à domicile”.

Déjà cinq couronnes mondiales

Aussi à l’aise en quatre nages, brasse et papillon, le polyvalent Léon Marchand a surpassé au Japon le record de quatre titres mondiaux en individuel détenu auparavant par Camille Lacourt. En décrochant le 27 juillet 2023 un troisième sacre en moins d’une semaine lors des Mondiaux de natation à Fukuoka au 200 m quatre nages, après le 400 m quatre nages et le 200 m papillon, il a également battu pour la quatrième fois de sa carrière le record de France sur 200 m quatre nages, a signé un nouveau record d’Europe sur la distance et est devenu le premier nageur français détenteur de cinq couronnes mondiales en solo, un an après ses deux premiers titres, déjà en 200 m quatre nages et en 400 m quatre nages.

 

Pour Denis Auguin, entraîneur en chef de l’équipe de France de natation, Léon Marchand est “actuellement le meilleur nageur du 400 mètres quatre nages au monde”. Il loue les talents du jeune Toulousain et son rôle de locomotive dans l’équipe de France de par ses résultats, son sérieux à l’entraînement et son attitude”. Pour lui, les résultats de Léon peuvent amener les autres nageurs français “à se dire que c’est possible et qu’on peut y arriver” en 2024.

Un “mec bien”, “ouvert, intelligent, attentionné”

Depuis son premier titre de champion de France en 2019, “on se doutait qu’il aurait une belle progression”, confie Vincent Gardeau, le président des Dauphins du TOEC de Toulouse, club d’origine du nageur français. Pour lui, Léon Marchand “confirme, sortie après sortie, que c’est un des très grands de la natation française“. Vincent Gardeau admire les qualités humaines de Léon Marchand, “un garçon rempli d’humilité, un travailleur, sympa, fidèle, ouvert, intelligent, attentionné (…) un mec bien”, mais aussi ses “compétences physiques exceptionnelles avec un niveau de flottaison bien supérieur à la moyenne”. Il est capable “d’endurer des entraînements très difficiles et d’être perfectionniste dans chaque longueur de bassin qu’il effectue régulièrement tous les jours”.

Marchand fait surtout la différence grâce à des coulées supersoniques, lors desquelles il crée à chaque fois des écarts impressionnants avec ses concurrents. Une technique développée dans les bassins de Phoenix, en Arizona (États-Unis), où il s’est expatrié en 2021 et où il partage son temps entre natation et études d’informatique. “C’est important de faire les deux”, estime-t-il. “Quand j’ai un cours après un entraînement, ça me permet vraiment de penser à autre chose, et quand ensuite je reviens à l’entraînement, je suis plus détendu, plus serein.”

Élève de Bob Bowman, mentor de Phelps

Depuis son exil américain, le Toulousain, issu d’une famille de nageurs olympiques, a enchaîné des performances de très haut niveau et reste invaincu depuis un an. “C’est très facile de travailler avec lui”, explique son entraîneur Bob Bowman, ancien mentor de la légende Michael Phelps aux 23 titres olympiques. “Il est concentré sur ce qu’il doit faire. Il a des objectifs très clairs. (…) On verra jusqu’où il peut aller, mais je pense qu’il peut aller très loin.”

Jusqu’au podium olympique à Paris ? “Dans ma tête, j’ai toujours voulu être dans ce chemin-là”, expliquait Léon Marchand en 2022. “Je ne pensais pas que ce serait aussi rapide. Je ne pensais pas que j’allais réussir aux États-Unis dès la première année, mais j’ai toujours eu en tête que je voulais être champion olympique un jour. Je ne sais pas quand, on verra bien…”

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