Ce que les médecins SS ont réellement fait à des jeunes filles de 18 ans à huis clos – Les aveux choquants d’une survivante !
Le destin de Zinaïde Boissau n’a pas commencé dans les couloirs carrelés de la mort, mais dans la douce brise d’un matin de printemps près de Paris, bien avant que la croix gammée ne projette son ombre sur le monde. Assise ici aujourd’hui, dans mon fauteuil en 2012, sentant la chaleur du soleil sur ma peau parcheminée, il m’est difficile de croire que ce corps fut jadis un champ de bataille. Un champ de bataille où la science allemande a tenté d’assassiner son propre avenir. Pendant soixante ans, ma bouche est restée scellée comme du plomb. J’ai vu grandir mes enfants – adoptés, car mon propre ventre est demeuré un désert sans vie – sans jamais leur dire pourquoi leur mère hurle la nuit ni pourquoi l’odeur du linge d’hôpital fraîchement lavé la plonge dans une torpeur plus profonde que le sommeil.
Je me souviens de l’année 1942 comme si c’était hier. J’avais dix-huit ans et mon monde était fait de livres et de rêves. Je voulais être institutrice, enseigner aux enfants la beauté de la poésie, les subtilités du langage qui nous rendent humains. Mais le langage qu’on m’a forcée à apprendre était celui des bottes sur le trottoir, des ordres secs et des aboiements, et de la trahison. C’est mon voisin, un homme à qui j’apportais souvent du pain, qui m’a livrée aux gendarmes collaborateurs. Pourquoi ? Peut-être pour une ration de viande supplémentaire, peut-être par pure et banale méchanceté. Ils m’ont arrachée à ma maison, et l’officier allemand qui m’attendait au point de tri ne m’a pas regardée comme une fillette, mais comme une vache. Il a griffonné avec un crayon d’argent sur un bloc-notes et a marqué d’une croix le numéro 34. À cet instant, mon nom est mort et le numéro 34 est né.
Nous étions entassées dans des wagons à bestiaux, quarante jeunes femmes dans un espace où l’on pouvait à peine respirer. Nous pensions être envoyées dans des camps de travail, à fabriquer des grenades ou à travailler dans des champs broussailleux. Nous pleurions, nous nous tenions la main, espérant une fin rapide de la guerre. Mais le train ne s’arrêta pas dans une usine. Il s’arrêta dans un lieu anonyme à l’est, entouré de forêts denses où le vent hurlait comme les voix des morts. Là se dressait ce bâtiment de béton gris, si propre, si terriblement stérile au milieu de la boue. C’était le service médical du Reich, un endroit où Dieu était resté à la porte.
Le moment où j’ai vu le docteur Richter pour la première fois est gravé dans ma mémoire comme une cicatrice au fer rouge. C’était un bel homme, impeccablement rasé, son uniforme d’un blanc immaculé sous sa blouse blanche parfaitement repassé. Il nous a souri. Ce n’était pas un sourire malveillant ; c’était un sourire professionnel, et c’est précisément ce qui le rendait si terrifiant. Il nous considérait comme de la « matière première ». Quand il a dit : « Déshabillez-vous, c’est juste un examen », son ton avait quelque chose de presque paternel. Mais alors que nous étions allongées là, nues, quarante jeunes femmes honteuses tremblant sur le carrelage froid, nous n’avons pas vu la moindre étincelle d’humanité dans son regard. Nous étions des objets. Il prenait des mesures, examinait la symétrie de nos visages, la couleur de nos yeux, la solidité de nos os pelviens. Il recherchait ce qu’ils appelaient la « supériorité biologique », pour ensuite nous détruire.
Que ce témoignage soit un rempart contre les ténèbres qui menacent sans cesse d’engloutir le monde. Qu’il touche le cœur de ceux qui croient que l’histoire n’existe que dans les livres. L’histoire vit en nous. Elle coule dans nos veines, façonne nos pensées. Prenez-en conscience. Soyez les gardiens de la flamme. Ne laissez jamais la lumière de l’humanité s’éteindre, aussi glaciale soit la tempête. Ceci est la fin de mon histoire. Ceci est le début de votre responsabilité. Portez-la avec fierté. Portez-la avec honneur. Portez-la pour nous.
Je pars. La lumière faiblit. Les anges n’appellent pas, mais les filles, si. Et ça, pour moi, vaut bien plus. On se retrouvera de l’autre côté de la barrière, là où il n’y a plus de barbelés, plus de miradors, plus de peur. Seulement l’infinie liberté de l’esprit. Je suis prête. Je suis enfin libre.