En 1852, en Virginie, une femme connut le plaisir pour la première fois… mais elle y laissa neuf vies. ?H

En septembre 1852, Margaret Whitmore, épouse du plus riche propriétaire de plantation de Virginie, connut son premier orgasme à 28 ans, après six ans de mariage. Mais à cet instant précis, elle assista à l’égorgement d’une femme sous ses yeux. L’auteur de ce crime était l’esclave le plus précieux de son mari, un tueur psychopathe qui avait déjà assassiné neuf personnes à mains nues. Cette nuit-là, une porte s’ouvrit dans l’âme de Margaret. Et lorsqu’elle découvrit ce qui se trouvait derrière cette porte, il n’y eut plus de retour en arrière.

Mais la vraie question est : qu’est-ce qui s’est passé entre Margaret et cette esclave ? Et pourquoi leur relation est-elle devenue plus passionnée à chaque décès d’une femme ?

En 1852, la région de Tidewater en Virginie était un monde de contradictions que personne n’osait reconnaître. De somptueuses demeures dominaient les champs cultivés par des êtres humains traités comme des propriétés. Les églises prêchaient le salut tandis que leurs fidèles possédaient les âmes. Et dans les maisons des riches, où les lustres de cristal projetaient une lumière parfaite sur l’acajou poli, les ténèbres régnaient sous des formes que la bonne société refusait de voir.

La plantation Whitmore s’étendait sur 12 200 acres de terres fertiles, idéales pour la culture du tabac, le long de la rivière James. Son manoir aux colonnes blanches témoignait d’une prospérité née du labeur de 87 personnes réduites en esclavage. À 34 ans, Thomas Whitmore incarnait tout ce que l’aristocratie du Sud prétendait chérir. Éduqué au Collège de William et Mary, grand voyageur, il était reconnu dans toute la société virginienne comme un homme aux manières irréprochables et au goût raffiné. Il citait Shakespeare lors de dîners, collectionnait les livres rares et traitait ses esclaves avec ce qu’il appelait une « gestion éclairée », c’est-à-dire qu’il utilisait rarement le fouet lui-même, préférant déléguer ce rôle désagréable à ses contremaîtres.

Thomas avait épousé Margaret Preston en 1846, alors qu’elle n’avait que 22 ans. Margaret était issue d’une famille respectée de Charleston, mais qui connaissait des difficultés financières. Ce mariage était une union pragmatique pour les deux parties. Thomas avait besoin d’une épouse capable de gérer son foyer et de lui assurer une descendance. Margaret, quant à elle, aspirait à la sécurité et au statut social que sa propre famille ne pouvait plus lui garantir. Elle correspondait aux canons de beauté de la société du Sud : des traits délicats, un teint pâle préservé du soleil, des cheveux noirs toujours impeccablement coiffés et une silhouette maintenue par un corsetage contraignant et des portions soigneusement contrôlées.

Ce mystère nous montre que les monstres ne sont pas toujours reconnaissables comme tels. Margaret Whitmore semblait incarner en tous points les valeurs de la société du Sud : belle, raffinée, instruite et fortunée. Samuel, quant à lui, était considéré comme une simple propriété dangereuse ; son intelligence et son sens de l’observation étaient ignorés car la société refusait de considérer les personnes réduites en esclavage comme pleinement humaines. Ensemble, ils formèrent un duo maléfique qui perdura des années, dissimulé au grand jour, protégé par la richesse et des structures sociales qui refusaient d’enquêter sur les crimes commis contre des personnes jugées moins précieuses que leurs propriétaires.

La question qui demeure est de savoir si Margaret a été corrompue par Samuel ou si une part d’ombre existait en elle depuis toujours, attendant simplement les circonstances propices pour se révéler. Tout porte à croire que c’est la seconde hypothèse. Son profond mal-être, son insensibilité totale aux expériences ordinaires et sa réaction immédiate et intense à la violence indiquent une personne dont la psychologie était fondamentalement différente de celle de l’être humain moyen. Samuel n’a pas créé cette part d’elle ; il a simplement fourni le catalyseur qui lui a permis de devenir ce qu’elle était destinée à être.

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