Les 5 actes intimes les plus troublants de Caligula, ceux qui sont allés trop loin. ?H

En l’an 39 après J.-C., au palais impérial du Palatin à Rome, une fête bat son plein. Les sénateurs, parés de leurs plus beaux atours, sont accompagnés de leurs épouses. La musique résonne dans les couloirs de marbre et le vin coule à flots. L’atmosphère devrait être à la joie. Soudain, l’empereur entre : Gaius Julius Caesar Augustus Germanicus, plus connu sous le nom de Caligula. Il lève la main, désigne l’épouse d’un sénateur et déclare que, pour cette nuit, elle lui appartient. Ce n’était pas une requête, c’était un ordre. Personne ne bougea. Le sénateur ne pouvait refuser, ni son épouse. Dans un système où le pouvoir incarnait la loi, la désobéissance signifiait non seulement punition, mais annihilation totale.

Ce qui se passa ensuite, tandis que la fête continuait en bas comme si de rien n’était, fut décrit plus tard dans des fragments de lettres découverts en 1962 dans les archives du Vatican. Des sénateurs écrivaient à leurs proches à l’étranger, les suppliant de ne jamais faire venir leurs familles à Rome. Caligula n’était pas seulement instable comme le montrent les films ; il était bien pire : un homme qui avait compris que le pouvoir absolu signifiait qu’aucun tabou, aucune limite morale, aucune loi divine ne pouvait l’arrêter. Si l’on est intouchable, on peut tester les limites de la soumission du monde.

Caligula organisait également des jeux privés pour ses banquets, conçus pour infliger un maximum de souffrance psychologique. D’après des fragments de journaux intimes retrouvés près de Pompéi en 1951, il choisissait soigneusement ses cibles : les épouses les plus pieuses de Rome, réputées pour leur vertu et leur fidélité. Son but était de détruire leur image de pureté. Il choisissait ensuite des individus brutaux, des condamnés à mort ou des esclaves des arènes, pour les mettre en scène dans des situations de confrontation forcée. Un banquet battait son plein, les sénateurs s’efforçant de paraître détendus alors que la peur les rongeait. Caligula donnait l’ordre, et une noble dame était traînée au centre de la salle. Il n’y avait aucune illusion de consentement ; c’était un ordre direct. La femme devait obéir, le mari devait regarder, et à la fin, tous les convives devaient applaudir. Ne pas applaudir était une insulte à l’empereur, un acte considéré comme une trahison. Le sénateur Gaius Calpurnius Piso, qui allait plus tard mener un complot, écrivait dans une lettre interceptée : « J’ai vu ma femme détruite sous mes yeux. Je ne peux la venger sans condamner mes enfants à mort, alors je souris, j’applaudis et je meurs un peu chaque jour. »

Caligula réservait une autre forme de destruction aux hommes puissants. Une vieille règle régit les tyrannies : ne pas se contenter d’éliminer ses rivaux, mais leur faire comprendre leur impuissance. Suétone rapporte que Caligula célébra des mariages avec au moins cinq hommes durant son règne, dont le consul Lucius Vitellius et un acteur populaire nommé Mnester. Il ne s’agissait pas de simples jeux, mais de cérémonies publiques officielles, assorties de toutes les formalités légales. Un fragment découvert à Alexandrie en 1989 contient une partie d’un contrat où Caligula est désigné comme époux et Vitellius comme épouse, avec des clauses relatives à la fidélité et aux obligations conjugales. Vitellius, l’un des hommes les plus influents de l’empire, fut contraint de porter des vêtements féminins et un voile de mariée devant des milliers de personnes rassemblées sur le forum, lors de son mariage avec l’empereur.

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