Le secret des « lapins » de Ravensbrück : une expérience sinistre dont le monde n’aurait jamais dû avoir connaissance.?E

Ce témoignage a été enregistré en 1999. C’est l’histoire d’une femme qui a survécu au camp de concentration de Ravensbrück. Pendant plus de 50 ans, elle a gardé le silence sur les secrets du bloc 32. Pour la première fois, elle raconte son histoire en public. Voici ses mots. Je m’appelle Véronique. J’ai aujourd’hui 80 ans.

Regarde mes mains, elles tremblent. Pas à cause du froid, mais parce que j’ai enfin trouvé le courage de prendre la parole. Pendant plus de cinquante ans, je suis restée silencieuse. Je n’ai rien dit à mes enfants, à mes petits-enfants ni à mes voisins. Je cachais mes jambes sous de longues jupes, même en plein été, parce que j’avais peur des questions.

J’avais peur que si je commençais à parler, la douleur enfouie en moi me déchirerait de l’intérieur. Mais le temps passe. Mes amis, ceux qui ont survécu à cet enfer avec moi, disparaissent les uns après les autres. Si je ne prends pas la parole maintenant, la vérité mourra avec moi, et les monstres en blouse blanche gagneront une deuxième fois.

J’ai donc décidé de tout raconter. Chacun de mes mots pèse une tonne, mais je dois m’en libérer. Écoutez attentivement, ce n’est pas seulement une histoire, c’est un cri venu des profondeurs de la terre. Avant la guerre, j’étais une autre personne. Je vivais à Lyon, en France. J’avais 10 ans et je croyais que le monde était juste. J’adorais danser.

 

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Tu ne peux pas imaginer à quel point j’aimais danser. J’avais des jambes fortes et belles, et je pouvais tourner sans fin. Mon père était cordonnier. Il me fabriquait les meilleures chaussures. Je me souviens de l’odeur du cuir dans son atelier et du goût du pain frais que ma mère cuisait le samedi. Nous avions un petit jardin où poussaient des fleurs blanches.

Quand tout devient trop difficile, je me souviens encore de son parfum. Puis tout s’est effondré, tout ; le ciel s’est assombri et des hommes en uniformes gris ont envahi notre ville. Notre vie s’est effondrée comme du sable sec. J’ai rejoint la résistance, car je ne pouvais pas rester les bras croisés et regarder notre pays être piétiné.

J’étais jeune, naïf et courageux. En mars, la Gestapo est venue me chercher. Ils m’ont gardé dans une cave pendant trois jours, me demandant mon nom. Je suis resté silencieux. Puis le train est arrivé. Je n’oublierai jamais ce train. On nous a poussés dans des wagons à bestiaux comme du bois mort. Il n’y avait même pas de place pour s’asseoir. Nous étions serrés les uns contre les autres, respirant le même air épais et visqueux.

Ma meilleure amie Anne était avec moi. Elle n’avait que dix ans. Elle pleurait et appelait sa mère. Je lui tenais la main et lui murmurais que tout irait bien. Mais j’étais une menteuse. Nous avons voyagé pendant trois jours sans eau, sans nourriture, dans l’obscurité totale. Quand la porte s’est enfin ouverte, la lumière m’a frappée si fort que j’ai cru que j’allais devenir aveugle.

Et puis j’ai senti cette odeur. Ce n’était pas seulement de la fumée ; c’était une odeur douceâtre et âcre de viande brûlée et de vieux vêtements. Je ne savais pas encore ce qui brûlait dans les fours, mais mon corps le savait déjà. Il s’est mis à trembler de peur. Nous étions à Ravensbrück, un camp réservé aux femmes. Des milliers de femmes vêtues de robes rayées, au visage gris et au regard vide.

Ils nous frappaient en criant : « Plus vite, plus vite ! ». Nous avons été complètement déshabillés dans le vent glacial. Ils nous ont rasé la tête. Nos cheveux tombaient sur le sol comme des oiseaux morts. Ils m’ont tout pris. Mes vêtements, mon nom, ma vie. Je n’étais plus qu’un numéro. 75362. Ce numéro restera à jamais gravé dans ma mémoire. Les premières semaines sans nourriture ont été un cauchemar.

Nous travaillions douze heures par jour, transportant des pierres lourdes. Ses jambes la brûlaient, son dos lui faisait mal et son estomac était vide. Nous dormions sur des planches étroites, trois femmes par planche. Anne s’affaiblissait de jour en jour. Je lui donnais un peu de mon pain. Nous pensions que le pire était la faim et les coups des gardes.

Comme nous avions tort. Un matin d’août 1942, des hommes vêtus de blouses blanches immaculées sont apparus devant nos baraques. Ils semblaient irréels au milieu de toute cette saleté et de toute cette mort. C’étaient des médecins. Parmi eux se trouvait le Dr Carl Gebhardt. Il ne nous considérait pas comme des êtres humains, mais comme de la viande, au même titre que son père. Il avait pris sa décision.

Il cherchait des jeunes femmes en bonne santé, avec des jambes solides. Il nous a désignées du doigt, Anne et moi, ainsi que plusieurs dizaines de Françaises. On nous a emmenées dans un autre bâtiment, le bloc 32. Ce bloc était trop propre, trop calme. On nous a dit que nous allions être soignées, que nous avions besoin de plus de repos. Mais dans les yeux des infirmières, j’ai vu quelque chose de sanguinaire, de la pitié mêlée de peur.

On nous nourrissait un peu mieux, et nous, pauvres filles naïves, pensions avoir de la chance. Puis les examens ont commencé. On nous a forcées à nous allonger sur des tables d’opération. Je me souviens du métal froid sous mon dos, de l’odeur de l’éther et de l’alcool. Le Dr Gebhardt a touché mes mollets avec ses doigts glacés, a noté quelque chose dans son carnet et a souri.

 

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