Certains noms et détails de cette histoire ont été modifiés afin de préserver l’anonymat et la confidentialité.
Toutes les photos ne proviennent pas du lieu des faits.
En fin d’après-midi, le 23 octobre 2011, le silence d’une station-service ouverte 24 heures sur 24, située à la périphérie de Loveland, fut rompu par le bruit de la porte d’entrée.
Une femme est entrée sous la lumière aveuglante des lampes.
Ses vêtements n’étaient qu’un amoncellement de haillons sales.
Son visage était couvert de vieilles ecchymoses et d’égratignures récentes.
Elle tenait à peine debout, chaque pas lui causant une douleur atroce, et ses deux mains serraient convulsivement son énorme ventre.
Elle en était aux derniers mois de sa grossesse.
Les employés de la station-service se sont précipités à ses côtés et ont immédiatement appelé les secours.
Quelques heures plus tard, à l’hôpital local, les policiers étaient pétrifiés de stupeur alors qu’ils prenaient les empreintes digitales de cette femme inconnue.
La base de données a donné un résultat incroyable.
Josephine Smith était allongée dans un lit d’hôpital devant eux ; cette femme de 31 ans avait disparu sans laisser de traces il y a exactement deux ans, à quelques dizaines de kilomètres de là, sur un tronçon désert de la route 36.
À l’époque, les équipes de recherche n’avaient retrouvé que sa voiture argentée, dont les portes étaient verrouillées, et un mystère qui n’a jamais été élucidé.
Pendant tout ce temps, les enquêteurs et sa famille la croyaient morte.
Mais elle est revenue épuisée, effrayée, et elle n’était pas seule.
Ce que Joséphine racontera aux inspecteurs cette nuit-là dévoilera une histoire de survie si terrifiante que même le bon sens aura du mal à y croire.
À l’automne 2009, le parc national des Montagnes Rocheuses a accueilli ses visiteurs avec des vents froids et un ciel plombé.
Le 14 septembre, à 7 h 15 du matin, les caméras de vidéosurveillance situées à l’entrée principale du parc ont filmé une Mercedes argentée.