Dans la nuit fatidique du 14 avril 1912, alors que le Titanic heurtait l’iceberg et que le chaos s’abattait sur des milliers de personnes, un homme décida que si la fin était proche, il l’affronterait au moins avec bonne humeur.

 

Il s’appelait Charles Joughin, le chef boulanger du navire. Ce qui s’ensuivit est sans doute l’une des histoires de survie les plus étranges de l’histoire.

Dès qu’il comprit que le navire coulait, Joughin ne se précipita pas vers les canots de sauvetage pour se mettre à l’abri. Au contraire, il ordonna à ses subordonnés d’apporter des provisions de pain dans les canots de sauvetage pour les futurs survivants.

Puis il retourna dans sa cabine et se lança dans sa propre « mission » : il but des quantités impressionnantes d’alcool.

L’esprit embrumé par l’alcool mais animé d’une sorte de courage téméraire, il retourna sur le pont. Il se mit à jeter par-dessus bord des chaises longues en bois, dans l’espoir que ceux qui se trouvaient déjà dans l’eau puissent s’y agripper. On a estimé par la suite que cet acte avait sauvé des dizaines de vies.

Alors que le navire s’inclinait fortement, la panique régnait partout. Les gens glissaient, hurlaient et priaient. Joughin se dirigea calmement vers la poupe, enjamba la rambarde de sécurité et attendit.

Il raconta plus tard qu’il avait senti le navire couler sous ses pieds « comme un ascenseur ». Lorsque le Titanic disparut sous l’Atlantique, Charles Joughin se contenta de sauter du pont métallique dans l’océan. Il le fit avec tant d’aisance qu’il affirma plus tard : « Je n’ai même pas mouillé mes cheveux. »

C’est là qu’intervient l’étrange rebondissement scientifique. La température de l’eau était d’environ -2 °C (28 °F). La plupart des gens moururent en 15 à 20 minutes à cause d’un choc hypothermique ou de la panique qui épuisait leur énergie.

Mais notre boulanger était… « engourdi ». L’énorme quantité d’alcool dans son organisme a eu deux effets cruciaux : elle a complètement éliminé sa peur, et il a nagé calmement et lentement, sans gaspiller d’énergie, préservant ainsi la chaleur de son corps.

Bien que l’alcool accélère généralement l’hypothermie, dans le cas de Joughin, la relaxation musculaire extrême l’a peut-être aidé à éviter le choc thermique initial — celui qui peut arrêter le cœur instantanément au contact de l’eau glacée.

Il a nagé dans l’obscurité pendant plus de deux heures. À l’aube, il a été repéré par un canot de sauvetage, faisant calmement du surplace comme s’il prenait sa baignade matinale. Il est monté à bord, s’est séché et… a survécu sans séquelles.

Charles Joughin a vécu jusqu’à un âge avancé, décédant en 1956 à l’âge de 78 ans. C’est lui qui a prouvé que parfois, les règles de la survie défient toute logique.

Articles Connexes