Les salles de bains, telles que nous les connaissons aujourd’hui, n’existaient pas. Les brosses à dents, les déodorants, les parfums et le papier toilette étaient rares, voire inexistants. Les déchets étaient souvent jetés directement par les fenêtres, et les vastes jardins de Versailles servaient de toilettes lors des festivités de la cour. Même les grands banquets, préparés pour plus de 1 500 convives, étaient cuisinés dans des cuisines où l’hygiène était minimale.
Les nobles s’éventaient constamment, non seulement pour lutter contre la chaleur, mais aussi pour masquer les odeurs omniprésentes. Les serviteurs les aidaient, repoussant à la fois les odeurs et les insectes. Les douches étaient pratiquement inexistantes, car l’eau courante était rare et les hivers glacials.
Les coutumes matrimoniales reflétaient ces réalités. La plupart des mariages avaient lieu en juin, juste après le « premier bain de l’année » de mai, lorsque les gens sentaient encore relativement bon. Les mariées portaient des bouquets pour masquer les odeurs persistantes — une tradition qui perdure aujourd’hui.
Le bain était une affaire communautaire : une grande cuve remplie d’eau chaude était partagée à tour de rôle, le chef de famille en premier et les bébés en dernier — moment où l’eau était souvent sale et dangereuse.
À la maison, les conditions étaient tout aussi sombres. Les toits n’avaient pas de revêtement intérieur, laissant les poutres en bois à nu et invitant les animaux — chats, chiens, rats, insectes — à tomber dans les pièces lorsqu’il pleuvait. Les assiettes et les tasses en étain étaient courantes, mais risquées : on pensait que les tomates, en réagissant avec l’étain, étaient toxiques et provoquaient parfois des maladies mortelles. L’alcool mélangé à de l’oxyde d’étain pouvait même rendre quelqu’un inconscient, ce qui donnait lieu à la croyance qu’il était mort.
Cela a donné naissance à la pratique des veillées funèbres. Les corps étaient placés sur la table de la cuisine pendant que la famille mangeait et buvait, attendant de voir si le « défunt » bougerait. En Angleterre, la surpopulation des cimetières a conduit à la réutilisation des tombes, et des griffures à l’intérieur des cercueils prouvaient que certains avaient été enterrés vivants. Pour éviter une tragédie, des cordes étaient attachées aux poignets des cadavres, reliées à des cloches en surface. Des gardiens attendaient, prêts à sauver quiconque sonnerait la cloche, donnant ainsi naissance à l’expression « sauvé par la cloche ».
L’histoire n’est pas toujours glamour, mais elle est infiniment fascinante.