La proposition d’Arnaud Montebourg pour relancer le Made in France?E

L’image est forte et le verbe toujours aussi aiguisé. Ce vendredi 27 mars 2026, Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie reconverti en entrepreneur militant, était l’invité des Grandes Gueules sur RMC. Dans un échange musclé et sans langue de bois, celui qui fut l’une des voix les plus puissantes de la gauche française a acté une rupture définitive. Se déclarant “orphelin” politiquement, il dresse un constat crépusculaire sur sa famille d’origine et appelle à un sursaut patriotique face aux défis de la mondialisation et de l’impuissance européenne.

La rupture consommée : “Je suis un post-gaulliste”
Dès les premières minutes de l’entretien, Arnaud Montebourg clarifie sa position : “J’ai rompu avec la social-démocratie”. Pour lui, le Parti Socialiste a fini par rejoindre le cimetière des idées politiques, à l’instar du Parti Radical ou du Parti Communiste avant lui. Il reproche à la gauche traditionnelle d’avoir accepté sans réserve la mondialisation et la financiarisation de l’économie, perdant ainsi toute utilité historique.

Aujourd’hui, il se définit comme un “post-gaulliste”, revendiquant une filiation intellectuelle avec Jean-Pierre Chevènement ou Philippe Séguin. Sa boussole ? La souveraineté nationale et la défense de l’intérêt supérieur de la France, loin des compromis qu’il juge “naïfs” de la social-démocratie vis-à-vis des institutions européennes.

L’Union Européenne : “L’arbre qui tombe et nous entraîne avec lui”
Le réquisitoire de l’ancien ministre contre l’Union Européenne est d’une rare violence. Selon lui, l’Europe n’a rempli aucune de ses missions protectrices. Qu’il s’agisse de la vassalisation numérique par les GAFAM, de la perte de contrôle des frontières migratoires ou du démantèlement de notre souveraineté alimentaire, le constat est, pour lui, “absolument amer”.

“L’Union européenne est un contresens stratégique total”, martèle-t-il, dénonçant la poursuite des accords de libre-échange (Australie, Nouvelle-Zélande) alors que le reste du monde, Chine et États-Unis en tête, se barricade derrière un protectionnisme assumé. Pour Montebourg, la France est “attachée à un arbre qui tombe”, et il est urgent que les États-nations reprennent une partie de leur souveraineté, notamment sur les prix de l’énergie et la politique industrielle.

Le combat pour le “Made in France” : De l’amande à l’automobile

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