Se curer le nez augmenterait le risque de démence et d’Alzheimer, selon une étude australienne très sérieuse

Combien de fois vous a-t-on rappelé de ne pas mettre son doigt dans son nez étant enfant ? Au-delà de la politesse et de l’hygiène, une nouvelle raison scientifique vient à peine d’être découverte.

Crédit : Oleksandr Shatyrov / iStock

Selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs australiens, se curer le nez pourrait en fait nuire à votre cerveau. En effet, cette pratique introduirait des bactéries nocives dans le nez, ce qui leur permettrait d’accéder facilement au centre névralgique de contrôle de l’organisme. Plus précisément, les lésions de la muqueuse nasale peuvent faciliter la pénétration dans le cerveau d’une bactérie appelée Chlamydia pneumoniae.

L’auteur principal de l’étude, le professeur James St John, directeur du Clem Jones Centre for Neurobiology and Stem Cell Research à l’université Griffith de Brisbane, en Australie, a expliqué que l’infection par cette bactérie était liée à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer et la démence. Ce sont en tout cas les conséquences médicales qui ont été constatées lors d’expériences menées sur des souris et publiée dans Nature Scientific Reports.

L’étude montre que Chlamydia pneumoniae peut pénétrer dans le cerveau par le nerf olfactif, qui se trouve dans le nez et a une voie directe vers le cerveau. Lorsque la muqueuse nasale est endommagée (ce qui peut se produire en cas de grattage excessif du nez), le risque d’exposition du nerf olfactif augmente, ce qui permet à cette bactérie de pénétrer dans le cerveau. Une fois que la bactérie pénètre dans le cerveau, elle peut stimuler le dépôt de la protéine bêta-amyloïde, ce qui peut conduire au développement de la maladie d’Alzheimer.

Crédit : Griffith University

Un lien important entre le nez et le cerveau

« D’autres études, basées sur des analyses post-mortem, ont montré que Chlamydia pneumoniae est présente dans les chez les malades d’Alzheimer. Cependant, on ne sait pas comment les bactéries arrivent là, et si elles provoquent les pathologies ou si elles y sont simplement associées » a déclaré James St John. Il est important de noter que cette étude a été réalisée sur des souris. Ainsi, les chercheurs ne peuvent pas être totalement certains que les résultats s’appliqueraient aux humains de la même façon.

Pour lever ses doutes, des recherches sur des hommes et des femmes sont en cours. Les scientifiques cherchent actuellement à déterminer s’il existe une relation de cause à effet entre le fait de se curer le nez et d’autres risques pour la santé, notamment la détérioration des structures et des tissus à l’intérieur du nez et la propagation des bactéries et des virus du nez au cerveau.

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